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La soif du bonheur

Vous allez découvrir une série de nouvelles autour des animaux marins que j’ai écrits. Vous allez apprendre des caractéristiques de chaque animal à travers les histoires de Rufus le grand requin blanc, Angela le requin baleine, Billy l’orque, Chloé la tortue et enfin Tito le dauphin.
Ce sont des histoires courtes rafraîchissantes, positives pour les petits qui peuvent être également une source d’apprentissage pour les grands sur la faune marine.

 

Rufus, le grand requin blanc :


Rufus vit paisiblement à Gansbaai en Afrique du Sud avec ses congénères où ses proies favorites ne manquent pas, ici vivent beaucoup d’otaries. Il commence à devenir adulte et fait désormais plus 3 mètres, il commence à être imposant et du coup il se fait remarquer par des requins blancs plus massifs que lui dont les plus gros peuvent faire 6 mètres. Chaque jour il se fait bousculer par ces derniers, ils cherchent à l’intimider pour défendre leur territoire car ils voient qu’il peut devenir encore plus imposant. Bientôt, il ne pourra même plus chasser comme il veut tant ils sont tout le temps derrière lui, ils lui ont même dérobé le repas d’une belle otarie.

Agacé, et ne faisant pas le poids face à eux, il songe à partir de Gansbaai, là où il a toujours grandi. Ils côtoient désormais d’autres requins June et Phil qui lui informent qu’il y a d’autres endroits où la nourriture est abondante mais le voyage est long car il faut traverser un océan. Ils lui disent également que durant le voyage il faudra qu’il change d’habitudes alimentaires, fini les otaries ou phoques. Et de surtout faire attention aux filets de pêche que les hommes lancent dans l’eau car il peut se faire attraper et ne plus revenir dans l’eau.

Décidé, Rufus change d’alimentation et se nourrit désormais de thons, d’espadons et de petits requins bien que ce soit moins savoureux mais il ne se fait plus embêter par ses grands frères. Puis, il prend l’initiative de partir du lieu qu’il a toujours connu direction l’Australie du Sud.

Avant de partir définitivement, il s’informe auprès de June et Phil pour savoir quelle direction prendre  et comment de ne pas se perdre dans un aussi long voyage. Ils lui ont répondu de se servir des ampoules de Lorenzini, grâce à elles il peut capter les champs électriques et s’orienter en fonction du champ magnétique terrestre qui permet d’effectuer de grandes migrations. Ils lui ont montré comment ça marche sur le champ magnétique de la terre, il savait seulement que cela servait à détecter les faibles courants électriques produits par les êtres vivants comme les otaries.

Maintenant, il n’y a plus de doutes à avoir pour Rufus, l’heure du départ est arrivé direction les otaries et les phoques de l’Australie du Sud !

Cela fait maintenant un mois qu’il est parti, il ne peut plus revenir à Gansbaai et grâce à ses ampoules de Lorenzini  il sait qu’il a effectué le tiers du trajet et se retrouve en plein milieu de l’océan.  Par sa quantité de stockage de lipides dans le foie il a pu flotter dans l’eau sans trop fournir d’énergie, mais sa réserve diminue et désormais s’il trouve une proie à sa portée il ne va pas se priver de l’attraper.

Durant cette nuit, une centaine de calmars font surface pour chasser les poissons, ils font à peu près 2 mètres, c’est bien la première fois que Rufus voit cet animal. C’est l’occasion pour manger sans trop dépenser d’énergie, il essaie d’en attraper un mais ils sont assez rapide, excités comme s’ils étaient en frénésie et attrapent les poissons les uns après les autres. Au bout de quelques heures Rufus voient qu’ils ne sont plus aussi vifs et décident donc de les chasser. Il en attrape un puis le mange et soudain tous les calmars descendent dans les profondeurs. Lui ne veut pas en rester là et en attrape un autre dans les profondeurs, ils sont maintenant à 1km de profondeurs quand soudain un banc de cachalots surgit pour manger les calmars. Le spectacle est impressionnant une famille de cachalots attendait que ce banc de calmars descendent pour les dévorer même si la moitié a pu s’en sortir. Il est temps pour Rufus de remonter après avoir bien mangé et continuer sa route.

Il est maintenant à la moitié du parcours et il voit un banc de thons impressionnant, tout excité Rufus lance l’attaque et attrape deux gros thons mais derrière lui un filet de pêche encercle cet immense banc et lui avec, il est pris au piège ! Il se débat et se voit maintenant hors de l’eau, pris de panique il bouge dans tous les sens et atterrit sur un bateau avec tous les autres thons. Il peut apercevoir trois hommes autour de lui quant à lui il est maintenant immobile ne pouvant plus bouger après quelques minutes. Les hommes décident de l’arroser, puis lui attachent sa queue avec une corde et le soulève avec  la grue qui servait à remonter le banc de thons et le relâche dans l’océan. Ouf ! Rufus peut continuer sa route.

Après 2 mois de parcours Rufus n’est plus qu’à 1000 km des côtes australiennes, et il a réussi à attraper un espadon et quelques requins bleus, ses réserves diminuent de jour en jour et commence à avoir faim. Il continue son périple bien qu’il ne voit plus beaucoup de nourritures depuis une semaine. Soudain il repère une immense baleine agonisante à quelques kilomètres, il change de direction pour atteindre cet immense garde-manger.  Il ingurgite une centaine de kilos de cette chair animale jusqu’à ce qu’il détecte un banc d’orques qui va bientôt arriver. Il est temps pour lui d’arracher encore un bout de viande de baleine et de repartir avant que les orques le rattrapent. Il va pouvoir flotter dans l’eau en mode croisière jusqu’à la côte australienne.

Ca y est, Rufus est enfin arrivé il est maintenant au large de Margaret river au sud-ouest de l’Australie. Il a pu rencontrer d’autres requins blancs, où il peut chasser sa proie favorite l’otarie. Pour cela, il nage dans les profondeurs jusqu’à ce qu’il détecte une otarie en surface puis se mets à accélerer le plus vite possible en verticale et mord sa proie. Il peut sauter hors de l’eau avec sa proie dans sa gueule, rien ne vaut ce bon repas. Cependant, il compte aller jusqu’aux îles neptunes au large de Port Lincoln, là où les otaries et les phoques sont à profusion. Il longera la côte sud tout en se nourrissant de ses proies favorites et Rufus a de plus grandit, il fait maintenant plus de 4 mètres !

Arrivé aux îles neptunes il aperçoit des centaines de ses proies favorites et observe une cage avec des hommes dedans. Curieux, il vient s’approcher où il voit notamment un homme qui vient d’écrire toute son histoire !


 

Angela, le requin baleine :


Angela est magnifique, gracieuse,  cette géante de 10 mètres sillonne les océans à la recherche de ses nourritures favorites : le plancton et le krill. Elle se situe pour le moment aux Philippines autour de l’île de Cebu et compte bien descendre comme à chaque année à Ningaloo, la pointe nord-ouest  de l’Australie. Là du mois de Mars à Mai les coraux se reproduisent laissant des milliards de semences, un repas délicieux pour Angela.

Angela adore se prélasser dans ces eaux tropicales au-delà de 21°C et parfois dans les lagons, en ouvrant sa grande bouche pour avaler le plancton mais aussi du krill. Elle nage souvent avec des hommes et cela ne la dérange pas du moment qu’elle peut filtrer l’eau pour continuer à manger. Ça lui arrive aussi de plonger dans les profondeurs océaniques  parfois plus de 1500 mètres où elle peut ressentir une température bien inférieure d’environ 3°C.

Avant de partir, elle rencontre ses amis Chloé et Adam pour leur dire qu’elle reviendra comme à chaque année après ce festin qui mérite le déplacement.

C’est l’heure de partir, elle commence à avoir l’habitude et cette longue distance ne lui fait plus peur. Et puis ce n’est pas si long seulement 4 000km, les années précédentes son périple avait duré 7 semaines.

Au bout d’une semaine, elle se retrouve en plein océan entre les îles des Philippines et celles d’Indonésie, toujours en nageant avec la bouche ouverte en filtrant le plancton. Seulement un morceau de filet de pêche est venu s’accrocher sur une nageoire pectorale jusqu’au bas de la nageoire dorsale, ça qui la handicape pour nager.

La semaine suivante, elle entre au large des îles indonésiennes mais elle reste impuissante face à cette gêne. Angela décide de se rapprocher au bord de l’île Bornéo si elle peut apercevoir comme aux Philippines des hommes qui peuvent l’aider à enlever ce filet qui commence à lui faire mal. Elle reste pendant quelques jours en ralentissant sa nage afin de mieux supporter sa douleur. Elle continue de rôder puis elle aperçoit enfin quelques hommes qui se rapprochent d’elle et qui nagent autour. L’un d’eux prend l’initiative de lui enlever le filet et enfin la voilà libérée. Heureuse elle reste nager avec les plongeurs pendant une heure et retourne au large en direction de Ningaloo.

Après avoir dépassé Bali, la voilà maintenant entre l’Indonésie et l’Australie sauf que maintenant elle peut nager comme si elle flottait dans l’eau puis elle ouvre grand la bouche car elle a vu un grand banc de krill. Ce fut délicieux bien qu’elle a ingurgité un morceau de plastique pas très comestible.

Voilà deux semaines qu’elle nage dans l’océan Indien et  se rapproche doucement de Ningaloo, elle a aperçu autour d’elle quelques tortues et quelques requins, l’eau contient un peu plus de faune marine.

Angela arrive enfin à Ningaloo au bout de 8 semaines, les coraux commencent à se reproduire laissant dans l’eau des milliards d’œufs et des embryons. Une soupe délicieuse va être servie pour la belle avec en plus des plongeurs qui nagent autour d’elle. Ce festin peut durer deux mois de Mars à Mai, l’eau est claire et transparente comme dans les lagons aux Philippines.

 

Billy, l’orque :


Billy vit avec sa famille dans l’océan pacifique le long de la côte canadienne près de la région de la Colombie Britannique autour de l’île de Vancouver. C’est une eau poissonneuse en saumons, baleines,  et calmars. Billy est le dernier de sa colonie et ils sont au total quinze orques. Il ne cesse de grandir et fait désormais cinq mètres tandis que son père mesure 9 mètres et sa mère 8. Tous restent dans cette région du Canada et sont définis comme des orques sédentaires, avec une cohésion sociale et une hiérarchie spécifique. La doyenne de la colonie s’appellent Justine, c’est elle qui définit le rôle de chaque individu. Billy restera souvent avec sa mère accompagnée des autres femelles jusqu’à sa maturité sexuelle, tandis que les mâles comme son père restent en périphérie du groupe maternel.

La colonie croise de temps en temps des orques nomades, mais ils ne font que se croiser et ne se mélangent pas. Ces derniers ne cessent de voyager et chassent de grosses proies, leur nombre par colonie ne dépasse pas les 7 individus et sont plus discrets. Plus discrets et plus redoutables, en utilisant moins leur langage, leurs proies qui sont souvent de grands mammifères marins  comme les baleines ou requins seront prises plus facilement par surprises.

Tandis que dans sa colonie, ils ne cessent de dialoguer par l’utilisation de dialectes. Ces derniers ont plusieurs formes : des clics qui leur servent essentiellement pour l’écholocation, des clics à haute fréquence qui sont utilisés pour neutraliser les poissons, des sifflements qui sont leur langage pour communiquer entre les individus et enfin des grincements qui ont un rôle dans la communication de groupe et peuvent avoir une portée de 10 km.

Autour de l’île de Vancouver, la population se nourrit essentiellement de saumons et parfois de lions de mer. Les orques ont plusieurs techniques de chasse et coopèrent entre eux, par exemple pour chasser le saumon, ils encerclent le banc grâce à l’écholocation, puis les empêchent de s’enfuir en produisant des bulles et en émettant les clics à haute fréquence et enfin ils les assomment avec leur queue. Pour les lions de mer, ils peuvent utiliser la technique de l’accostage, c’est-à-dire qu’ils vont sortir soudainement de l’eau pour attraper leur proie sur la plage puis retourner dans l’eau.

Comme à chaque été, Justine la matriarche décide de migrer vers l’Alaska puis ils reviendront dans leur territoire en automne. Les morses, lions de mer sont très nombreux surtout en mer de Béring, ce qui constituera une alimentation différente de leur habitat.

Billy et la colonie sont maintenant partis, en tête du groupe, la matriarche Justine avec sa famille guide le groupe puis suivent les femelles avec leur progéniture dont Billy et enfin les mâles en périphérie. Au bout d’une semaine, elles ont déjà parcouru 1000 km et veulent se poser pour chasser. Elles décident de chasser les oiseaux marins, pour cela elles attrapent quelques poissons puis les jettent à la surface. La mère de Billy souhaite qu’il attrape un oiseau, au bout de quelques minutes quelques dizaines d’oiseaux arrivent et Billy surgit de l’eau pour en attraper un puis le mange. Les orques mâles l’imitent et partagent la nourriture avec la colonie.

La nuit suivante des centaines de calmars remontent à la surface pour chasser le poisson. Trop rapides pour les orques, ces dernières ont décidé de les encercler dans une surface de plus en plus réduite jusqu’à les assommer avec leur queue. Leur festin peut continuer tandis Billy plonge pour chasser les derniers calmars, il se fait rappeler à l’ordre par sa mère par un grincement. Elle lui explique qu’il est dangereux de plonger seul car elles ne peuvent plonger au-delà de 260 mètres, il pourrait manquer d’oxygène.

Les voilà reparties direction la mer de Béring en Alaska, en vitesse de croisière de 15km/h. Après 10 jours, la matriarche et sa colonie se situe désormais au nord-ouest du Canada juste à 1000 km de la destination. Elles ont croisé pendant le voyage quelques baleines bleues, ce sont des mammifères géants qui peuvent mesurer plus de 30 mètres, des baleines à bosse et également quelques bélugas aussi appelés baleine blanche. Billy découvre pour la première fois cet étrange animal.

Ils longent désormais le golf d’Alaska, la mer de Béring étant juste derrière, Billy est tout excité d’être bientôt arrivé. Il joue même avec Willy la progéniture de Justine et émettent des sifflements de joie.

Au bout de trois semaine la colonie est arrivée en mer de Béring, les morses et les lions de mer sont à profusion, seulement d’autres colonies d’orques sont également présents. Ils vont se mettre d’accord sur quelle zone chaque groupe pourra chasser, ils peuvent communiquer entre colonie mais il est très rare de les voir se mélanger.

Justine vient de détecter par écholocation un morse, et appelle par grincement toute sa troupe à la chasse. Au bout de quelques minutes le morse est encerclé, c’est le père de Billy qui déclenche la première attaque. Les autres mâles l’attaquent à leur tour jusqu’à la mort de ce dernier. Ils se partagent cette nouvelle nourriture ainsi que Billy pour la première fois. La mère de Billy va également lui apprendre la technique de l’accostage pour attraper un lion de mer sur la plage. L’été passe et après deux mois la matriarche décide de rentrer dans la région de la Colombie britannique autour de l’île de Vancouver.

 

Chloé, la tortue :


Chloé vit dans le nord de la grande barrière de Corail en Australie où elle se nourrit principalement d’œufs de poissons, de zooplanctons, de crevettes, de mollusques. Et maintenant qu’elle commence à entrer dans l’âge adulte elle se nourrit également d’algues et de plantes sous-marines. Ce changement d’alimentation va lui donner une coloration verte olive d’où le nom de son espèce la tortue verte. Elle aime bien se prélasser autour des coraux avec une eau entre 25°C et 30°C, sa carapace mesure 1 mètre et elle est âgée de 8 ans.

La  grande barrière de corail la protège de ses grands prédateurs qui sont le requin bouledogue, le requin tigre, le requin blanc et le crocodile marin. Toutefois elle peut apercevoir des requins mais elle n’a rien à craindre car ils sont assez petits. Malheureusement, elle constate que la flore où elle se trouve est en train de se dégrader et donc si elle veut manger des plantes sous-marines et des algues il faudra qu’elle change d’endroit.

Le temps passe et  elle décide de partir, grâce à sa boussole interne elle peut détecter les champs magnétiques terrestres et les différents courant océaniques. Elle a repéré un courant chaud au large de la grande barrière de corail qui va vers le sud. Le seul danger pendant le trajet est de rencontrer l’un de ses prédateurs.

La voilà partie elle vient de quitter la grande barrière de corail, et doit effectuer une centaine de kilomètres pour atteindre le courant. A mi-chemin elle entend le bruit d’un bateau avec à proximité de ce dernier un requin tigre, alertée elle plonge dans les profondeurs où elle peut rester deux heures sans remonter en surface à une profondeur moyenne de 50 mètres. Elle essaie de nager à sa vitesse maximale de 35 km/h pour s’éloigner le plus vite possible. Au bout d’une heure de nage intensive, on dirait que ça a marché et remonte à la surface pour respirer.

Elle peut ressentir grâce à sa boussole interne qu’elle est assez proche du courant chaud seulement à quelques kilomètres. En attendant elle se nourrit de zooplanctons jusqu’à destination. Elle peut ressentir le courant qui s’intensifie et qui la porte ensuite vers le sud. Le courant est dû aux différences de température, de densité, de salinité et également au contour des continents et aux reliefs des profondeurs. La vitesse de ce courant est de 15 km/h ce qui permet à Chloé de se reposer tout en nageant assez vite.

Pendant le trajet elle a pu rencontrer une autre tortue Samy qui lui explique qu’il s’est perdu et qu’il aimerait retrouver sa famille. Chloé lui raconte quant à elle qu’elle veut aller dans le sud de la grande barrière de corail par la nourriture abondante en végétation et la protection naturelle qui existe contre les principaux prédateurs. Samy semble intéresser de l’endroit décrit et souhaite venir avec elle.

Trois jours sont passés au sein du courant chaud et il est temps pour les deux tortues de nager en dehors du courant. 50 kilomètres les séparent de l’endroit promis, pour se sentir plus en sécurité les deux tortues plongent en profondeur pendant deux heures puis refont surface pour respirer. Seulement, Chloé a attrapé un sac en plastique sur sa tête et elle ne peut plus voir, c’est alors que Samy prend les devants et la guide pour le reste du trajet.

Elles sont bientôt arrivées car Samy commence à voir des coraux et effectivement ces derniers forment une protection naturelle, l’eau est beaucoup moins profonde. Elles continuent de nager jusqu’au cœur de la végétation puis elles aperçoivent des hommes qui nagent à côté d’elles. Ces derniers les observent et enlèvent le sac en plastique que Chloé transportait sur sa tête. Chloé est libérée et de plus, elle est arrivée à destination grâce à Samy. La nourriture est partout,  des plantes sous-marines ce qui est parfait pour son environnement.

 

Tito, le dauphin :


Tito est un grand dauphin qui vit dans la baie des requins près de Monkey Mia en Australie Occidentale. Il fait partie d’une famille de cinq individus de type côtière tandis que celles vivant au grand large sont sédentaires. Tito communique avec sa famille par des sifflements qui lui sont propres comme une sorte de signature. Ils se nourrissent principalement de poissons comme des anchois, des maquereaux, des sardines mais aussi parfois des seiches, des pieuvres, de calmars et des crustacés. Les principaux prédateurs sont les grands requins comme le grand requin blanc et surtout le requin tigre et parfois l’orque.

Tous les matins, Tito le mâle dominant et la famille viennent se prélasser sur la plage de Monkey Mia où ils interagissent avec des hommes. Très sociables, ils se laissent facilement approcher et mangent du poisson dans une eau transparente. Puis ils partent chasser un peu plus au large mais ils ne peuvent plonger que jusqu’à 30 mètres pour une durée de 4 minutes tandis que leurs cousins les grands dauphins océaniques peuvent plonger jusqu’à 200 mètres sous l’eau pour une durée de 15 minutes.

Grâce à l’écholocation, Tito peut détecter en émettant des clics les obstacles et la nourriture. Les clics sont des sons à haute fréquence qui lui informent où se situe l’objet ou la proie ou le prédateur. Cette technique produite sur son front « le melon » serait plus précise que le sonar qu’utilise l’homme. Tito et sa famille coopèrent souvent entre eux pour chasser notamment pour la technique de l’échouement. Les dauphins encerclent un banc de poissons puis les poussent à proximité d’une plage sableuse et les mangent soit dans l’eau soit sur le sable.

Les requins tigres sont assez nombreux dans la zone même s’ils vivent un peu plus au large, Tito vient d’en détecter un via ses clics et il est assez gros. Il doit faire 4 mètres 50 tandis que Tito le mâle dominant fait 4 mètres. Il s’est déjà fait mordre par un requin tigre, il a pu s’enfuir à temps bien que sa morsure lui a infligé une grande cicatrice. Il ne compte pas réitérer cette expérience douloureuse bien qu’il soit maintenant plus robuste et plus rapide, en effet il peut nager jusqu’à 60 km/h. Le requin tigre s’approche de plus en plus, il a dû surement les détecter par ses ampoules de lorenzini, grâce à elles il peut détecter les champs électriques et les vibrations des animaux. Tito décide de partir avec sa famille et retournent un peu plus vers la côte mais il les poursuit toujours même s’il est beaucoup plus lent.

Tito réfléchit et lui vient une idée, il communique avec sa famille par son sifflement pour leur dire de rester à l’abri. Seul, il sera plus apte à combattre le requin d’autant plus que les dauphins sont plus petits et moins rapides que lui. Il part puis commence à émettre des clics pour localiser le requin,  il accélère sa nage jusqu’à ce qu’il l’aperçoit et le frappe grâce à son museau sur les fentes branchiales du requin. Tito s’en va pour voir sa réaction, mais il ne renonce pas et continue sa route. Le grand dauphin réitère une deuxième fois la même technique, il nage plus vite puis le frappe encore au même endroit. Cette fois-ci, le requin abandonne et retourne au large et peu déboussolé. La famille de nouveau réunie, fait des bonds hors de l’eau pour exprimer leur joie.

D’autres dauphins se joignent à eux en bondissant hors de l’eau et jouant, les dauphins contrairement aux orques se mélangent plus facilement jusqu’à créer des liens entre chaque famille ou colonie.

Le lendemain, ils retournent toujours sur la même et sublime plage de Monkey Mia pour rencontrer des hommes et manger des poissons en émettant chacun leur sifflement. Ils décident ensuite de manger des poissons et mollusques dans le sable. Pour cela, ils ont élaboré une technique spécifique et remarquable, ils utilisent une éponge marine placée sur leur museau pour éviter toute blessure liée à la recherche de nourriture dans les fonds sableux. Cette technique de chasse est utilisée seulement par les femelles et c’est la première fois que l’on peut observer des animaux marins se servir d’un outil en l’occurrence une éponge marine pour chasser.

Cela démontre que le dauphin est un animal très intelligent.